Être la bienvenue dans une oeuvre

Si vous faites des études de lettres, ou même avez l’occasion d’avoir des lectures imposées, vous savez que pour beaucoup de bouquins, on referme le livre avec l’impression d’avoir lu quelque chose de très bien écrit, de brillant, d’important dans l’histoire littéraire, etc. mais… Et puis il y a ces moments où la lecture apporte quelque chose de plus, où la lecture prend plus de sens, d’émotion, où elle acquiert une portée plus personnelle.

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Fun Home, Alison Bechdel

Je pense personnellement que cette réaction de lecture est pour moi, au moins en partie, liée au genre: à force de lire d’excellents livres écrits par des hommes qui y parlent d’hommes qui parlent de choses et d’autres et notamment des femmes à partir de leur point de vue d’hommes, même quand ces livres sont géniaux, magnifiques, émouvants, subversifs, tout ce qu’on veut, on a envie d’autre chose, on cherche le livre que l’on n’a pas encore trouvé, celui où la femme n’est pas seulement un acteur secondaire qui marque l’itinéraire initiatique du héros, où la femme n’est pas seulement une muse ou une tentatrice, celui où soudain nous nous mettons à penser avec une femme qui regarde le monde autour d’elle; une œuvre qui dérègle la définition calamiteuse du cinéma par François Truffaut:

Le cinéma est un art de la femme, c’est-à-dire de l’actrice.

Le travail du metteur en scène consiste à faire faire de jolies choses à de jolies femmes, et, pour moi, les grands moments du cinéma sont la coïncidence entre les dons d’un metteur en scène et ceux d’une comédienne dirigée par lui.

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